| Ecoutez pendant votre navigation
COEN / CARTER BURWELL
The man who wasn’t there – The Trial of Ed Crane
LARS VON TRIER / RICHARD WAGNER
Mélancholia – Tristan et Iseult
DAVID LYNCH / MOBY
The big dream
| Streaming disponibles
Ses débuts : L’Éveil d’un Regard Singulier
Né à Paris en 1929, René Laloux grandit dans un environnement qui ne le prédestinait pas immédiatement au septième art. Après une scolarité sans éclat particulier, il s’oriente vers des études techniques et artistiques en suivant des cours de peinture et de modelage. C’est durant cette jeunesse qu’il forge son goût pour le surréalisme et l’art brut, des courants qui influenceront toute sa carrière. Pour gagner sa vie, il exerce divers métiers manuels, travaillant notamment comme sculpteur sur bois et décorateur pour le théâtre et la publicité. Cependant, le véritable tournant de sa vie survient dans les années 1950 lorsqu’il intègre la clinique psychiatrique de La Borde, à Cour-Cheverny. Loin des caméras, il y devient animateur socio-culturel.
C’est dans ce cadre thérapeutique unique, basé sur l’expression libre des patients, que Laloux découvre le pouvoir de l’image en mouvement. Il ne se voit pas comme un technicien de l’animation, mais comme un accoucheur d’idées. En observant le travail graphique des pensionnaires, il décide de porter leurs visions à l’écran. C’est ainsi qu’en 1960, avec l’aide des patients pour le scénario et les dessins, il réalise son premier court métrage, Les Dents du singe. Ce film, soutenu par le psychiatre Jean Oury, reçoit un accueil critique enthousiaste et remporte le prix Émile-Cohl. Cette entrée fracassante dans le monde de l’art par la porte de la « folie » et de l’expérimentation définit l’ADN de Laloux : un cinéma qui ne cherche pas à imiter le réel, mais à explorer les marges de l’esprit. Dès lors, il quitte le milieu médical pour s’installer à nouveau à Paris, où sa rencontre avec Roland Topor scellera définitivement son destin de grand architecte de l’animation fantastique.
| René Laloux Réalisateur
René Laloux : L’Orfèvre des Mondes Intérieurs
Le cinéma de René Laloux est une anomalie sublime dans l’histoire de l’animation, un espace où la poésie surréaliste rencontre la métaphysique de la science-fiction. Véritable chef d’orchestre de l’imaginaire, il a su transformer le trait de dessinateurs visionnaires — l’inquiétant Topor, le céleste Moebius et le charnel Caza — en des écosystèmes vibrants de vie et de mystère. Sa force réside dans une symbiose absolue entre le graphisme et l’environnement sonore, notamment grâce au génie d’Alain Goraguer, dont les partitions jazz-rock et psychédéliques confèrent à ces mondes une âme organique et intemporelle. L’œuvre de Laloux ne se contente pas d’illustrer des récits ; elle explore le rapport de l’homme à l’altérité, au temps et à la nature avec une sagesse silencieuse. C’est une invitation à la contemplation, où chaque battement de cil d’un géant bleu ou chaque envolée de flûte dans le vide spatial rappelle que l’animation est l’art de donner une respiration au merveilleux. À travers ses trois longs métrages, Laloux a gravé une empreinte indélébile : celle d’un cinéma qui ne s’adresse pas aux yeux de l’enfant, mais à l’esprit de l’être humain en quête d’absolu.
1973 : La planète sauvage

🎥 Fiche d’identité : La Planète sauvage
Sur la planète Yagam, les Draags, des géants bleus à la technologie avancée et aux facultés télépathiques, dominent les Oms, de minuscules humains traités comme des animaux de compagnie ou de la vermine. L’histoire suit Tiwa, une jeune Draag qui adopte un Om nommé Terr. Grâce à un casque d’apprentissage défectueux, Terr acquiert les connaissances de ses maîtres et s’enfuit pour rejoindre des Oms sauvages. Ensemble, ils vont déclencher une révolution pour la reconnaissance de leur espèce.
Dessinateur : Roland Topor (dont le style de gravure surréaliste et les créations hybrides définissent l’identité visuelle du film).
Musique : Alain Goraguer (une partition culte mêlant jazz-rock, rythmiques « fuzz », flûtes oniriques et chœurs hypnotiques).
Thème central : La coexistence entre espèces et l’émancipation par le savoir.
L’alchimie sonore : La basse d’Alain Goraguer, lourde et répétitive, agit comme le pouls de la planète Yagam. Elle crée un sentiment de pesanteur et d’étrangeté qui rend le monde des Draags tangible.
L’influence : Prix spécial au Festival de Cannes 1973, le film reste une référence mondiale pour l’animation adulte, influençant tout une génération d’artistes, du hip-hop (échantillonné par J Dilla ou Madlib) au cinéma de science-fiction contemplatif.
1. Composition visuelle : Le surréalisme organique
Topor et Laloux utilisent une technique de papier découpé qui donne au film une texture de gravure ancienne s’animant sous nos yeux.
La faune et la flore : La composition de l’image est saturée de créatures absurdes et de plantes prédatrices. Chaque plan est un tableau où l’environnement semble plus vivant que les personnages eux-mêmes.
L’échelle des corps : Le film joue constamment sur le contraste de taille entre les Draags (immenses, bleus, lents) et les Oms (fragiles, agiles). Cette composition spatiale installe immédiatement le rapport de force politique.
2. Composition sonore : Le souffle de Yagam
La musique de Goraguer ne se contente pas d’illustrer, elle dialogue avec l’image.
Le thème « Deshka » : Ce motif à la flûte, mélancolique et entêtant, symbolise la solitude de l’Om et son désir d’élévation.
Les sons de la méditation : Les Draags passent leur temps en « méditation », une activité visuelle qui se transforme en bulles de formes abstraites. Le son qui accompagne ces scènes est une composition de nappes éthérées qui rend l’invisible visible.
3. La scène culte : La méditation des Draags
Les Draags quittent leur corps physique pour s’élever sous forme de sphères lumineuses.
La magie de la métamorphose : La composition devient purement abstraite. Les couleurs de Topor se mélangent dans une danse psychédélique.
Analyse Cinépédia : C’est ici que le lien Image-Musique atteint son paroxysme. La musique devient un guide spirituel qui permet au spectateur d’accepter l’étrangeté totale de la scène. Sans la partition de Goraguer, la scène serait froide ; avec elle, elle devient sacrée.
Analyse Cinépédia : La Planète sauvage est une leçon de rythme. Laloux ne cherche pas la fluidité du mouvement à la Disney, mais la force de l’image fixe qui s’anime. La musique de Goraguer comble les vides du papier découpé, créant une atmosphère où le temps semble s’étirer. C’est un film qui se regarde comme on lit une bande dessinée ancienne, où chaque « case » est portée par un souffle de jazz psychédélique.
Note de production
Le film a été produit dans les studios de Prague (Siri Trnka), en pleine période de tension politique. Cette atmosphère de résistance se ressent dans le ton du film : une lutte pour la survie et l’intelligence face à une autorité écrasante et indifférente.
Saviez-vous que… ?
Alain Goraguer a composé la musique avant que l’animation ne soit totalement terminée. Laloux s’est souvent servi du rythme des morceaux pour ajuster le montage de certaines séquences, faisant de la partition le véritable « métronome » du film.
En résumé
La Planète sauvage est l’exemple ultime de la composition par l’étrangeté. C’est une œuvre où l’image de Topor et le son de Goraguer fusionnent pour créer un monde qui n’appartient à personne d’autre. Un film indispensable pour comprendre que l’animation peut être le véhicule des idées les plus complexes.
Musique : Alain Goraguer
Alain Goraguer : Générique
1982 : Les Maîtres du temps

On change radicalement d’atmosphère. Si La Planète sauvage était une gravure organique et inquiétante, Les Maîtres du temps est une œuvre de lumière, d’espace et de pureté. La rencontre entre René Laloux et Moebius (Jean Giraud) est l’une des plus belles collisions de l’histoire de la science-fiction : elle apporte au cinéma la « ligne claire » et les horizons infinis qui ont fait la gloire de l’artiste dans L’Incal ou Arzach.
🎥 Fiche d’identité : Les Maîtres du temps
Sur la planète sauvage Perdide, un petit garçon nommé Piel se retrouve seul après la mort de son père. Son unique lien avec le reste de l’univers est « Mike », un émetteur-récepteur radio par lequel il communique avec Jaffar, un capitaine de vaisseau qui tente de venir le sauver. À bord du vaisseau, Jaffar est accompagné du vieux Silbad, de deux gnomes télépathes (Jad et Yula) et d’un prince en exil. Le voyage vers Perdide devient une course contre la montre qui cache un paradoxe temporel vertigineux.
Dessinateur : Moebius (Jean Giraud). Son trait épuré, ses décors désertiques et ses designs technologiques « vécus » transforment le film en une bande dessinée de Métal Hurlant qui prendrait vie.
Musique : Jean-Pierre Bourtayre (avec des thèmes électroniques et spatiaux). Bien que Goraguer ne soit plus à la barre, la bande-son conserve cette dimension atmosphérique essentielle à Laloux.
Thème central : Le temps comme boucle et l’innocence face à l’immensité de l’univers.
L’alchimie sonore : Les voix des gnomes Jad et Yula, ainsi que les bruits de la nature étrange de Perdide, créent une tapisserie sonore qui renforce l’aspect « contemplatif » du voyage spatial.
L’influence : Le film a posé les bases d’une SF visuelle plus mature et épurée, influençant de nombreux réalisateurs d’animation japonais et européens par sa gestion du vide et de la solitude.
1. Composition visuelle : La poésie du vide
Moebius apporte sa maîtrise des grands espaces.
L’horizon infini : La composition de l’image privilégie souvent les plans larges où les personnages sont minuscules face à des déserts de sable ou des cieux immenses. Ce vide n’est pas une absence, mais une présence qui souligne la fragilité de l’enfant Piel.
Le design technologique : Le vaisseau de Jaffar et les gadgets (comme Mike l’émetteur) ont des formes courbes et fonctionnelles, caractéristiques de l’esthétique Moebius, rompant avec la SF « mécanique » traditionnelle.
2. Composition sonore : Le lien invisible
Le son est ici le moteur du récit.
La radio (Mike) : La voix de Jaffar qui sort du petit objet est le seul point d’ancrage de Piel. La composition sonore joue sur la distorsion radio pour accentuer la distance physique et émotionnelle entre les personnages.
Les sons de la planète Perdide : Des bourdonnements d’insectes géants aux vents sifflants, la bande-son compose une nature extraterrestre qui semble observer l’enfant.
3. La scène culte : La planète des anges sans visage
L’équipage arrive sur une planète où des êtres identiques et sans traits vivent en harmonie sous le contrôle d’une pensée unique.
La magie de l’épure : Visuellement, c’est une scène de cauchemar blanc. La répétition des visages lisses et des formes géométriques crée un malaise profond, typique de la philosophie de Laloux sur la perte d’individualité.
Analyse Cinépédia : La composition ici est presque abstraite. La musique devient monolithique, illustrant la force écrasante de la collectivité face à l’individu. C’est le moment où le film bascule du conte spatial à la réflexion métaphysique.
Analyse Cinépédia : Les Maîtres du temps est une œuvre sur la distance. La ligne claire de Moebius élimine les détails inutiles pour se concentrer sur l’essentiel : l’émotion pure et le mystère du cosmos. La composition sonore, faite de silences et d’échos, rappelle que dans l’espace, le temps ne s’écoule pas de la même manière. C’est un film qui utilise l’image pour sculpter une émotion durable, celle d’une nostalgie pour un futur qui n’est pas encore arrivé.
Note de production
Le film a été produit dans des conditions difficiles en Hongrie (studios Pannonia). Malgré une animation parfois un peu rigide due aux contraintes budgétaires, la force du design de Moebius compense largement et donne au film une identité visuelle indestructible.
Saviez-vous que… ?
La fin du film, avec son retournement de situation magistral, a été écrite par Stefan Wul (l’auteur du roman original) et adaptée par Laloux et Moebius pour devenir l’un des « twists » les plus célèbres de la SF française.
En résumé
Les Maîtres du temps est la preuve que la composition par la clarté peut être aussi puissante que la complexité. C’est une symphonie visuelle sur la solitude et le lien, où chaque trait de plume de Moebius semble porter un morceau de l’infini.
Musique : Jean-Pierre Bourtayre
1987 : Gandahar

Nous arrivons au terme du triptyque de Laloux avec Gandahar. C’est une œuvre de maturité, plus sombre et plus complexe, qui marque la rencontre entre Laloux et le dessinateur Caza. Après la cruauté de Topor et l’épure de Moebius, Caza apporte une dimension « bio-mécanique » et une sensualité baroque qui imprègnent chaque photogramme.
🎥 Fiche d’identité : Gandahar
Sur la planète Gandahar, un monde utopique où la nature et l’homme vivent en harmonie parfaite, une menace surgit : les « Hommes de métal », une armée de robots indestructibles, pétrifient les habitants et les emportent vers une destination inconnue. Le chevalier Sylvain est envoyé en mission pour découvrir l’origine de cette invasion. Il découvrira que l’ennemi vient du futur et qu’il est lié à une expérience génétique ratée des Gandahariens eux-mêmes : le Métamorphe, un cerveau géant immortel.
Dessinateur : Caza (Philippe Caza). Son style se caractérise par des formes organiques complexes, des architectures d’inspiration Art Nouveau et des créatures aux textures charnelles et mutantes.
Musique : Gabriel Yared. Pour ce dernier film, Laloux délaisse le jazz-rock pour une partition orchestrale et synthétique plus mélancolique et majestueuse, soulignant la tragédie d’une civilisation menacée.
Thème central : La responsabilité scientifique, le paradoxe temporel et la lutte entre le vivant (l’organique) et le mort (le mécanique).
L’alchimie sonore : Les sons « mous » et humides associés au Métamorphe contrastent violemment avec les bruits secs et métalliques de l’armée de fer, créant une opposition sonore binaire.
L’influence : Gandahar reste une œuvre culte pour son audace visuelle et son scénario complexe. Il a inspiré de nombreux récits de SF sur les paradoxes temporels et la « technologie organique ».
1. Composition visuelle : L’organique contre le métallique
Caza compose un monde où tout semble avoir poussé plutôt qu’avoir été construit.
L’esthétique du vivant : Les palais de Gandahar rappellent des coraux ou des cellules géantes. La composition de l’image est riche en courbes, en couleurs chaudes et en formes asymétriques.
La rigidité du métal : À l’inverse, les Hommes de métal sont composés de lignes droites, de reflets froids et d’une symétrie parfaite. Leur apparition dans le cadre brise systématiquement l’harmonie visuelle de Gandahar.
2. Composition sonore : La plainte du Métamorphe
Gabriel Yared compose une atmosphère pesante qui reflète le poids des siècles.
Le thème de l’immortalité : La musique associée au Métamorphe est lente, profonde, presque comme une respiration sous-marine. Elle exprime la lassitude d’un être qui a trop vécu.
Le son du futur : Les séquences se déroulant dans le futur utilisent des sonorités électroniques plus froides, illustrant un monde où la vie a été évacuée au profit de la machine.
3. La scène culte : La rencontre avec les « Transformés »
Sylvain découvre une tribu d’êtres difformes, victimes des premières expériences génétiques des Gandahariens.
La magie de la marge : Caza excelle dans la représentation de ces corps « ratés » mais profondément humains. La composition les place souvent dans des grottes ou des lieux sombres, soulignant leur statut d’exilés.
Analyse Cinépédia : Cette scène est le cœur moral du film. La composition visuelle nous force à regarder la « laideur » pour y trouver l’humanité, tandis que la musique se fait plus douce, presque empathique. C’est le moment où le film pose la question : qu’est-ce qui définit l’humain ? Sa forme ou son esprit ?
Analyse Cinépédia : Gandahar clôt le cycle de Laloux sur une note d’avertissement. La composition de Caza, saturée et charnelle, nous rappelle que la vie est une matière fragile face à la perfection froide de l’acier. La musique de Yared enveloppe ce conte philosophique d’une aura de légende ancienne. C’est un film sur la mémoire : celle des erreurs passées qui reviennent nous hanter depuis le futur.
Note de production
Réalisé aux studios SEK en Corée du Nord, le film a connu une production épique. Laloux a dû superviser l’animation à distance, ce qui explique parfois des irrégularités, mais la force de la direction artistique de Caza et la profondeur du scénario de Jean-Pierre Andrevon (adapté par Laloux) transcendent ces limites techniques.
Saviez-vous que… ?
Harvey Weinstein (à l’époque chez Miramax) a supervisé la version américaine du film sous le titre Light Years, avec des dialogues réécrits par Isaac Asimov. Cela prouve l’aura internationale que possédait déjà Laloux à cette époque.
En résumé
Gandahar est la composition d’un crépuscule. C’est une œuvre magnifique et inquiétante qui nous demande si nous sommes prêts à assumer les conséquences de nos créations. Un final puissant pour un réalisateur qui n’aura jamais cessé de nous faire regarder au-delà de l’horizon.
Musique :
| Films notables du moment
ANEMONE
De Ronan Day-Lewis
Jem, frère de Ray, part à la recherche de son frère ermite pour le convaincre de rentrer chez lui et de rencontrer son neveu Brian, qui a été renvoyé de l’armée après un acte violent. Le passé trouble des deux frères, marqué par une tragédie militaire, resurgit, révélant des secrets enfouis depuis des décennies.
Une estéthique magnifique qui n'est pas sans rappeler le mystère des images de Tarkovski. Quand notre attention se porte à côté ou au-delà de l'objet principal. Une bande son de Bobby Krlic qui traduit clairement la maladie de l'âme, la folie douce et l'expiation en les liant à des visions oniriques.
SHE RIDES SHOTGUN
De Nick Rowland
L'incroyable révélation qu'est Ana Sophia Heger, éclaboussant l'écran de son talent et portant l'oeuvre sur ses épaules de la première à la dernière image. Elle livre une prestation démente au milieu d'un chaos où sa vulnérabilité n'a d'autre choix que de composer avec une palette de sentiments exprimés à merveille.
Une véritable pépite !
FRANKENSTEIN
Une relecture à la fois intime et grandiose du mythe du monstre et de son démiurge. Loin des éclairs de laboratoire et des clichés gothiques, il livre ici une œuvre profondément poétique, tragique, où l’ombre et la lumière s’entremêlent dans un ballet visuel d’une beauté crépusculaire.
Une relecture à la fois intime et grandiose du mythe du monstre et de son démiurge. Loin des éclairs de laboratoire et des clichés gothiques, il livre ici une œuvre profondément poétique, tragique, où l’ombre et la lumière s’entremêlent dans un ballet visuel d’une beauté crépusculaire.
GUILLERMO DEL TORO.
Trois heures particulièrement bien exploitées pour restituer le temps long de la vengeance, sans aucune perte de rythme par une habile gestion des ellipses et des montages alternés, soucieux d’équilibrer le temps de présence des nombreux personnages secondaires. La mise en scène assume quant à elle un académisme fédérateur du plus grand nombre, non sans quelques lourdeurs, notamment sur les plans de drone ou un recours abusif à une musique pompière. (Sergent_Pepper SensCritique)
LE COMTE DE
MONTE CRISTO
Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte
René Laloux n’était pas un réalisateur prolifique, mais il était un créateur bouillonnant. Son œuvre ne s’arrête pas aux trois longs métrages que nous avons analysés ; elle prend racine dans le court métrage expérimental et s’étend jusqu’à l’écriture.
1. Les Courts Métrages : Le laboratoire de l’étrange
Avant ses grands succès, Laloux a posé ses bases théoriques et visuelles dans des formats courts, souvent plus radicaux.
Les Dents du singe (1960) : Son premier film important, réalisé avec les pensionnaires de la clinique psychiatrique de La Borde (où il travaillait). Le scénario et les dessins ont été faits par les patients. C’est une œuvre brute, fondatrice de son intérêt pour la marge et la psyché.
Les Temps morts (1964) : Une collaboration marquante avec Roland Topor. Ce court métrage est un essai féroce sur la violence humaine et la mort, utilisant des dessins fixes et des gravures. C’est ici que naît la symbiose Laloux/Topor.
L’Escargot (1965) : Également avec Topor. Une fable surréaliste et cruelle sur des escargots géants envahissant une ville. On y voit déjà les prémices de la « nature prédatrice » de La Planète sauvage.
Comment Wang-Fô fut sauvé (1987) : Inspiré d’une nouvelle de Marguerite Yourcenar avec des dessins de Caza. Une merveille de poésie sur le pouvoir de l’art, réalisée juste avant Gandahar.
2. Œuvres littéraires et scénarios
Laloux était avant tout un homme de concept.
L’écriture : Il a écrit de nombreux textes, dont certains ont été publiés, comme le recueil « Ces dessins qui bougent », où il livre ses réflexions théoriques sur le cinéma d’animation.
Bandes Dessinées : Bien qu’il n’ait pas été dessinateur de BD à proprement parler, son influence sur le milieu est immense. Il a travaillé sur des projets de scénarios qui ont parfois nourri les pages de revues comme Métal Hurlant.
3. Événements et Hommages
Le nom de Laloux reste une référence sacrée pour les amoureux de l’animation « différente ».
Le Prix René Laloux : Créé en son hommage, ce prix récompense chaque année le meilleur court métrage d’animation français (souvent remis lors du Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand).
Rétrospectives : Des lieux comme la Cinémathèque française ou le Festival d’Annecy organisent régulièrement des cycles dédiés à son œuvre, souvent accompagnés d’expositions des dessins originaux de Topor, Moebius ou Caza.
Influence contemporaine : De nombreux artistes de la scène électronique et du hip-hop continuent de lui rendre hommage à travers des clips ou des samples (comme Flying Lotus ou le regretté MF DOOM), prouvant que la « vibration » Laloux/Goraguer est immortelle.
Synthèse (L’après-Laloux)
« René Laloux n’a pas seulement fait des films, il a ouvert des portes vers des mondes où la logique humaine n’a plus cours. Du travail thérapeutique des Dents du Singe à la splendeur de Gandahar, son parcours est celui d’un homme qui a utilisé l’animation comme un scalpel pour sonder l’inconscient collectif. Ses courts métrages sont les racines d’un arbre dont les fruits — ses longs métrages — continuent de nourrir l’imaginaire mondial. »
| Courts métrages
1957 : Tic tac
1958 : Les Achalunés
1960 : Les Dents du singe
1964 : Les Temps morts (avec Roland Topor)
1965 : Les Escargots (avec Roland Topor)
1975 : Le Jeu
1977 : Les Hommes-machines (avec Caza, pilote du long-métrage Gandahar)
1984 : La Maîtrise de la qualité (avec José Xavier)
1985 : La Prisonnière (avec Caza)
1987 : Comment Wang-Fô fut sauvé (avec Caza)
| Découvrir ou redécouvrir sur Wikiciné
LE MIROIR
Alexei, un homme mourant âgé de 40 ans, frappé par la maladie, se penche sur son passé et des images de sa famille apparaissent. Ses interactions quotidiennes avec sa femme et ses enfants font ressurgir toute sorte de souvenirs, tels que le divorce de ses parents jusqu’à son temps sur les champs de bataille de la Seconde guerre mondiale.
Musique : Edouard Artemiev (avec des extraits de Bach, Pergolèse et Purcell)
Distribution : Margarita Terekhova / Maria Tarkovski / Oleg Yankovski…
de andreï tarkovski
METRO MANILA
de SEAN ELLIS
Aspirant à une vie meilleure, Oscar Ramirez et sa famille quittent les montagnes du nord de la Philippine où ils vivent et viennent s’installer dans la ville de Metro Manila. Proie idéale dans cette ville impitoyable, Oscar va devoir tout risquer pour les siens.
Musique : Robin Foster
Distribution : Jake Macapagal / Althea Vega / John Arcilla…
FARGO
Quelque part dans le Minnesota, en plein hiver, Jerry Lundegaard, un minable vendeur de voitures, contacte un petit escroc, Carl Showalter, et son inquiétant compère, Grimsrud. Il leur demande d’enlever sa femme, Jean, dont le père, Wade, un richissime homme d’affaires, ne manquera pas de régler la rançon exigée. Les choses se gâtent quand ses complices abattent 3 témoins, dont un flic. La machine sanglante commence à s’emballer.
Musique : Carter Burwell
Distribution : Frances McDormand / William H. Macy / Steve Buscemi…
deS FRERES COEN
PARIS, TEXAS
Comme poussé par une idée fixe, Travis Henderson marche seul dans le désert du Texas. Il cherche sans succès de l’eau, arrive finalement dans un bar isolé et y perd connaissance. Il est recueilli par un médecin qui trouve sur lui une carte avec le numéro de téléphone de son frère, Walt Henderson. Celui-ci fait le trajet depuis Los Angeles pour le retrouver. Travis n’avait plus donné signe de vie depuis quatre ans...
Musique : Ry Cooder
Distribution : Harry Dean Stanton / Nastassja Kinski / Dean Stockwell…
de WIM WENDERS
VOL AU-DESSUS D'UN NID
DE COUCOU
L’histoire est centrée sur R. P. McMurphy qui, en simulant, se fait interner dans un hôpital psychiatrique pour échapper à la prison après avoir été accusé de viol sur une mineure. Il va progressivement être touché par la détresse et la solitude des patients. Par sa forte personnalité, il s’oppose rapidement aux méthodes répressives de l’infirmière Ratched.
Musique : Jack Nitzsche et Ed Bogas
Distribution : Jack Nicholson / Louise Fletcher / William Redfield…
dE MILOS FORMAN
13 ASSASSINS
Le film se déroule durant la période Edo, en 1844, à l’ère du shogunat Tokugawa en déclin. Lord Matsudaira Naritsugu, un seigneur sadique protégé par son demi-frère, le Shōgun, terrorise les nobles et les roturiers.
Le ministre de la Justice, Sir Doi Toshitsura, craignant qu’une ascension de Naritsugu provoque une guerre civile, engage secrètement Shimada Shinzaemon, un samouraï expérimenté, pour l’assassiner.
Shinzaemon réunit une équipe de douze samouraïs et un chasseur, Kiga Koyata, pour tendre une embuscade à Naritsugu lors de son voyage d’Edo à ses terres.
Musique : Kōji Endō 遠藤浩二
Distribution : Kōji Yakusho / Hiroki Matsukata / Sōsuke Takaoka…
dE TAKASHI MIIKE







































































