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| Les débuts d'Andreï Tarkovski
Andrei Tarkovski est né le 4 avril 1932 à Zavrajié, en Union soviétique, dans une famille marquée par les arts, son père étant le poète Arseni Tarkovski et sa mère, Maria Vichniakova, une correctrice.
Son enfance est marquée par la séparation de ses parents en 1935 et par la Seconde Guerre mondiale, période difficile qui influence profondément sa vision du monde.
Il étudie la musique, la peinture, l’arabe à l’institut des langues orientales de Moscou, puis la géologie, avant de s’intéresser au cinéma.
Il intègre en 1956 l’Institut fédéral d’État du cinéma (VGIK) de Moscou, où il suit les enseignements de Mikhaïl Romm.
C’est à cette époque qu’il réalise ses premiers courts métrages, notamment Les Tueurs (1956), une adaptation de la nouvelle d’Ernest Hemingway, suivi de Il n’y aura pas de départ aujourd’hui (1959) et de Le rouleau compresseur et le violon (1960), un moyen métrage pour enfants en couleurs.
Son premier long métrage, L’Enfance d’Ivan, sort en 1962 et remporte le Lion d’or à la Mostra de Venise, révélant immédiatement le réalisateur au monde entier.
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🕊️ Andreï Tarkovski : Sculpter le Temps et l’Âme
L’héritage d’Andreï Tarkovski au septième art n’est pas seulement esthétique, il est d’ordre métaphysique. En définissant le cinéma comme l’art de « sculpter le temps », il a libéré l’image de sa fonction narrative pour en faire un réceptacle de la conscience humaine. Sa « magie des compositions » repose sur une foi absolue en la puissance du plan-séquence et des éléments primordiaux — l’eau stagnante, le feu purificateur, la terre lourde et le vent invisible — qui cessent d’être des décors pour devenir les battements de cœur de l’œuvre. Tarkovski ne filme pas des histoires, il filme l’attente, le doute et la quête de transcendance d’êtres confrontés au silence du monde.
Sa collaboration avec le compositeur Edouard Artemiev a redéfini le design sonore moderne, fusionnant la musique électronique et les sons de la nature dans une nappe organique où chaque goutte d’eau résonne comme une prière. Du sacrifice de l’innocence dans L’Enfance d’Ivan à l’immolation salvatrice du Sacrifice, Tarkovski a laissé au cinéma une exigence de dignité spirituelle inégalée. Il reste pour nous l’architecte du « Temps Scellé », celui qui a prouvé qu’une caméra pouvait, à l’instar d’une icône religieuse, devenir une fenêtre ouverte sur l’éternité et le sacré.
1962-1969
1962 : L’Enfance d’Ivan / Иваново детство

Film dramatique et de guerre qui raconte l’histoire d’Ivan Bondarev, un orphelin de 12 ans qui devient éclaireur derrière les lignes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’enfance d’Ivan, inspiré d’une nouvelle de Vladimir Bogomolov, explore les effets dévastateurs de la guerre sur l’enfance, à travers des rêves poétiques, des images symboliques (comme les pommes sous la pluie, hommage à Dovzhenko) et des plans longs aux décors naturels saisissants.
🎥 L’Enfance d’Ivan : Le Miroir Brisé de l’Innocence
Inspiré de la nouvelle Ivan de Vladimir Bogomolov, ce premier long-métrage d’Andreï Tarkovski transforme un récit de guerre en une méditation métaphysique sur la fin de l’enfance. Le film suit le parcours d’un orphelin de 12 ans devenu éclaireur pour l’armée soviétique, dont la haine froide pour l’occupant n’est brisée que par ses visions oniriques.
Note Historique & Héritage : Sorti en plein « Dégel » khrouchtchévien, le film rompt avec l’héroïsme conventionnel du cinéma de guerre soviétique. Couronné par le Lion d’Or à Venise, il a suscité une célèbre défense de Jean-Paul Sartre, qui y voyait une œuvre révolutionnaire capable de filmer l’imaginaire.
1. Composition visuelle : L’Arbre et la Ligne
La mise en scène utilise les textures organiques pour traduire l’état psychologique du jeune protagoniste.
La verticalité des bouleaux : La forêt est composée comme une prison graphique. Les troncs blancs créent des lignes verticales infinies qui enserrent le corps d’Ivan, soulignant sa fragilité.
L’opposition des mondes : La « magie » de la composition réside dans le contraste des axes. La guerre est faite de diagonales agressives et de débris, tandis que les rêves utilisent une horizontalité sereine (la plage, le puits) baignée d’une lumière zénithale.
2. Composition sonore : La Naissance d’un Design Sensoriel
Bien que la partition soit signée Viatcheslav Ovtchinnikov, les prémisses du travail sur la matière sonore, qui deviendra indissociable d’Edouard Artemiev, sont déjà présentes.
Le son comme matière : Le goutte-à-goutte d’une citerne ou le craquement d’une branche ont autant d’importance que la mélodie. Le son est sculpté pour créer une immersion où le bruitage devient musique.
Le pont de l’inconscient : Les envolées lyriques ne soulignent pas l’action, elles ouvrent une brèche vers l’espace mental d’Ivan, liant le front de l’Est au paradis perdu du souvenir.
3. La scène culte : Le Baiser au-dessus de la tranchée
Lorsqu’un officier tente de séduire une infirmière dans une forêt de bouleaux, Tarkovski filme leur étreinte au-dessus d’une tranchée. La caméra descend sous le niveau du sol : l’amour est littéralement suspendu au-dessus du gouffre de la mort. Une composition d’équilibre précaire, emblématique de la sensibilité du cinéaste.
Note de production : Tarkovski a repris le projet après qu’un autre réalisateur l’ait abandonné. Il a réécrit le scénario pour y injecter les rêves, car pour lui, « l’âme d’un enfant ne peut être capturée que par ce qui n’est pas là ».
Saviez-vous que… ?
Tarkovski détestait le « montage d’attraction » à la Eisenstein. Pour lui, la composition devait être interne au plan. Dans L’Enfance d’Ivan, il commence déjà à allonger ses prises pour laisser le temps « sédimenter » dans l’image, une technique qu’il portera à son paroxysme plus tard.
En résumé
L’Enfance d’Ivan est une composition de contrastes. C »est le film qui pose les bases : l’eau comme élément purificateur ou mortel, la forêt comme labyrinthe de l’âme et le son comme souffle de vie.
Musique : Viatcheslav Ovtchinnikov / Direction d’orchestre : Emin Khatchatourian
Vyacheslav Ovchinnikov : Ivánovo detstvo
Distribution : Nikolaï Bourliaïev / Valentin Zoubkov / Evgueni Jarikov / Stepan Krylov / Nikolaï Grinko / Valentina Malyavina / Irma Tarkovskaïa / Andreï Kontchalovski
1969 : Andreï Roublev / Андрей Рублёв

En Russie, au début du 15e siècle. Andrei, Kirill et Danill, trois moines peintres d’icônes, se rendent chez le maître Théophane le Grec pour participer à la décoration de la cathédrale de Moscou. Seul Andrei est choisi pour ce travail. Il traverse le pays avec son apprenti pour rejoindre la capitale.
Jacques Lourcelles – Dictionnaire du cinéma
L’extrême formalisme du style de Tarkovski prolonge la tradition eisensteinienne et s’écarte radicalement des deux principales tendances du renouveau du cinéma russe dans les années 60 et 70 : la prise en compte analytique et réaliste du présent (lignée Panfilov); le désir de retrouver les liens profonds unissant le présent au passé (lignée Kontchalovsky et Mikhalkov). Assumant le risque de l’ésotérisme et même de la complaisance à l’ésotérisme, Tarkovski s’intéresse avant toutes choses à ses impressionnants mouvements d’appareil pétrissant l’espace d’une manière insolite et surprenante…
🎥 Andrei Roublev : Le Silence et le Feu
Libre interprétation de la vie du célèbre peintre d’icônes du XVe siècle, cette fresque monumentale est moins un biopic qu’une méditation sur la place de l’artiste face à la barbarie et au silence de Dieu. À travers huit chapitres, Tarkovski explore la quête de pureté dans un monde de boue et de violence.
Note Historique & Héritage : Le film a subi une censure sévère des autorités soviétiques, restant bloqué plusieurs années avant d’être projeté à Cannes en 1969. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma mondial, influençant des générations de cinéastes par sa structure et sa gestion de l’espace épique.
1. Composition visuelle : La Terre et la Chair
Le passage au format large permet à Tarkovski de composer des tableaux d’une densité exceptionnelle.
Le chaos graphique : Contrairement à l’épure d’Ivan, Andrei Roublev compose avec la multitude. Les scènes d’invasions tatares ou la fonte de la cloche sont des orchestrations complexes de corps, de boue et de fumée, où chaque mouvement semble dicté par une force invisible.
Le passage à la couleur : Le film, tourné en noir et blanc, s’achève sur un épilogue en couleur filmant les icônes réelles de Roublev. C’est une décision de composition majeure : la couleur n’appartient pas au monde des hommes, mais à celui de l’art et du divin.
2. Composition sonore : Le Souffle et la Cloche
C’est ici que la collaboration avec Edouard Artemiev prend une dimension sacrée.
Le design de l’effort : Le son de la cloche en train d’être coulée, les bruits de forge et le vent dans les steppes composent une symphonie concrète. La musique d’Artemiev s’entrelace avec ces sons naturels pour créer une tension mystique.
Le silence d’Andrei : Tarkovski compose le son par soustraction. Le vœu de silence du peintre se traduit par un environnement sonore où chaque bruit devient une agression ou une révélation.
3. La scène culte : Le vol en ballon
Le prologue du film montre un homme s’élevant dans un ballon rudimentaire avant de s’écraser.
La magie du cadre : La caméra accompagne l’ascension, offrant un point de vue divin sur la terre russe, avant une chute brutale. Cette composition installe d’emblée le thème du film : l’aspiration de l’homme à s’élever face à la pesanteur implacable de sa condition.
Note de production : Tarkovski a exigé un réalisme absolu pour les décors et les costumes, refusant toute stylisation artificielle. Pour la scène de la cloche, des tonnes de terre ont été remuées pour créer une fosse authentique, transformant le plateau de tournage en un véritable chantier médiéval.
Saviez-vous que… ?
Le film a été accusé de cruauté envers les animaux lors de sa sortie, notamment pour la scène de la chute du cheval. Tarkovski s’est toujours défendu en expliquant que ces images brutales étaient nécessaires pour illustrer la rudesse d’une époque où la vie humaine et animale n’avait que peu de valeur aux yeux des puissants.
En résumé
Andrei Roublev est une composition de la foi et de l’endurance. C’est le film où Tarkovski définit l’artiste comme un médiateur entre la boue du monde et la lumière de l’esprit, utilisant le noir et blanc pour la réalité terrestre et la couleur pour la transcendance de l’art.
Musique : Viatcheslav Ovtchinnikov
Vyacheslav Ovchinnikov : Untitled I
Distribution : Ivan Lapikov / Nikolaï Grinko / Nikolaï Sergueïev / Irma Raush / Nikolaï Bourliaïev / Youri Nazarov…

L’intégrale – Version restaurée 8 DVD
Ce coffret contient 8 digipack (9 DVD) – Les sept long-métrages restaurés – « Tempo di Viaggio », les trois courts métrages et les documentaires au format DVD. – Présentations d’Eugénie Zvonkine sur tous les 7 longs-métrages – « Le Sacrifice » (version restaurée exclusive au coffret) – « Une journée d’Andreï Arsenevitch » de Chris Marker (documentaire référence sur Tarkovski)
Sous-titres : : Français
Langue : Italien (Dolby Digital 2.0), Russe (Dolby Digital 2.0), Suédois (Dolby Digital 2.0)
Il ne reste plus que 1 exemplaire(s) en stock.
99,99€
1970-1979
1972 : Solaris / Солярис

La mémoire, le deuil, la nature de la réalité, la communication entre êtres humains et l’impossibilité de comprendre l’autre, même extraterrestre.
Tarkovsky considérait ce film comme son moins favori, malgré son succès international, car il jugeait la science-fiction trop « commerciale » et limitée par ses effets spéciaux. Pourtant, Solaris est souvent comparé à 2001 : L’odyssée de l’espace de Kubrick, mais en s’orientant vers l’introspection plutôt que l’exploration extérieure.
🎥 Solaris : Le Miroir de la Conscience
Adapté du roman de science-fiction de l’écrivain polonais Stanislas Lem, Solaris est souvent présenté comme la réponse soviétique au 2001 : l’Odyssée de l’espace de Kubrick. Pourtant, Tarkovski s’éloigne de la prouesse technologique pour filmer une odyssée intérieure : l’histoire d’un psychologue envoyé sur une station spatiale tournant autour d’une planète-océan capable de matérialiser les souvenirs les plus douloureux.
Note Historique & Héritage : Grand Prix au Festival de Cannes, le film a marqué l’histoire par son approche humaniste de la SF. Contrairement à Lem qui s’intéressait à l’impossibilité de communiquer avec l’extraterrestre, Tarkovski utilise l’espace pour confronter l’homme à sa propre culpabilité et à son besoin d’ancrage terrestre.
1. Composition visuelle : L’Espace et l’Humide
La « magie » du film réside dans le contraste entre la station stérile et les textures organiques de la Terre.
La symétrie de la station : Les couloirs circulaires et métalliques composent un espace froid et répétitif. Cette géométrie rigide accentue le malaise des personnages face à l’irruption de « l’anormal ».
L’élément liquide : L’océan de Solaris est une composition vivante. Tarkovski filme l’eau (qu’elle soit celle de la planète ou celle de la pluie sur Terre) comme une substance gélatineuse, mouvante, qui semble absorber les pensées des protagonistes.
2. Composition sonore : L’Électronique Organique
C’est le sommet de la collaboration entre Tarkovski et Edouard Artemiev.
Le design sonore de la planète : Artemiev utilise des synthétiseurs (notamment l’ANS) pour créer des sons qui ne sont ni de la musique, ni des bruits naturels, mais une fusion des deux. Cette composition sonore donne une « voix » à l’océan pensant.
Le dialogue avec Bach : L’utilisation du Prélude de choral en fa mineur de Jean-Sébastien Bach, retravaillé par Artemiev, crée un lien émotionnel puissant entre la technologie spatiale et l’héritage culturel humain.
3. La scène culte : La lévitation dans la bibliothèque
Kris et Hari flottent dans les airs au milieu de livres et d’objets d’art alors que la station perd sa gravité.
La magie du cadre : La composition est d’une beauté picturale absolue. En faisant flotter des objets chargés d’histoire (Brueghel, Don Quichotte) dans un environnement futuriste, Tarkovski compose une image où le temps et l’espace s’annulent au profit de l’émotion pure.
Note de production : Tarkovski a filmé les autoroutes de Tokyo pour représenter la cité du futur. En composant ces plans de tunnels et de lumières urbaines sans aucun effet spécial, il parvient à rendre le familier étrangement extraterrestre, soulignant l’aliénation de la vie moderne.
Saviez-vous que… ?
Stanislas Lem et Andreï Tarkovski se sont violemment disputés lors de la préparation du film. Lem reprochait au cinéaste d’avoir transformé son traité philosophique sur l’intelligence non-humaine en un drame familial « à la Crime et Châtiment ».
En résumé
Solaris est une composition sur la mémoire et le regret. C’est le film où Tarkovski utilise la science-fiction pour rappeler que « l’homme n’a pas besoin d’autres mondes, il a besoin d’un miroir », opposant la froideur de la technologie à la chaleur éternelle de la nature terrestre.
Musique : Edouard Artemiev
Eduard Artemiev : Listen to Bach (The Earth)
Distribution : Donatas Banionis (Kris Kelvin), Natalya Bondarchuk (Hari), Jüri Järvet (Dr. Snaut)
1975 : Le Miroir / Зеркало

Alexei, un homme mourant âgé de 40 ans, frappé par la maladie, se penche sur son passé et des images de sa famille apparaissent. Ses interactions quotidiennes avec sa femme et ses enfants font ressurgir toute sorte de souvenirs, tels que le divorce de ses parents jusqu’à son temps sur les champs de bataille de la Seconde guerre mondiale.
Le Miroir est une méditation cinématographique sur la mémoire, le temps, la culpabilité et la relation aux proches. Il explore la manière dont les souvenirs fragmentés façonnent l’identité, tout en questionnant la nature même de la perception et de la subjectivité. Comme le dit Tarkovski : « Que celui qui le désire se regarde dans mes films comme dans un miroir, et il s’y verra. »
Il a été présenté pour la première fois en URSS en avril 1975, puis en France le 18 janvier 1978.
🎥 Le Miroir : La Composition de la Mémoire
Inspiré par les souvenirs d’enfance du cinéaste et intégrant les poèmes de son père, Arseni Tarkovski, relus par ce dernier, Le Miroir est une œuvre sans structure narrative linéaire. C’est un flux de conscience qui entrelace trois époques : la Russie rurale des années 30, la Seconde Guerre mondiale et le présent d’un homme mourant.
Note Historique & Héritage : Considéré comme l’un des films les plus complexes de l’histoire du cinéma, il a failli ne jamais sortir en raison de son hermétisme jugé « élitiste » par les autorités soviétiques. Aujourd’hui, il est cité par des cinéastes comme Terrence Malick ou Lars von Trier comme une influence majeure pour sa capacité à filmer l’impalpable.
1. Composition visuelle : Le Temps et les Éléments
Tarkovski compose ses plans comme des réminiscences sensorielles où les objets ont une âme.
La texture des souvenirs : Le film alterne entre le noir et blanc, le sépia et la couleur saturée. Cette composition chromatique ne suit pas une logique chronologique, mais une logique émotionnelle : la vivacité d’un rêve face à la grisaille d’un regret.
La chorégraphie du vent et de l’eau : La « magie » réside dans la mise en scène de l’invisible. Un souffle de vent qui courbe les herbes hautes ou une goutte d’eau qui perle sur une table de bois deviennent les véritables protagonistes de la composition.
2. Composition sonore : La Voix du Père
La dimension sonore du Miroir est une architecture de textures et de mots.
La poésie comme musique : Les poèmes d’Arseni Tarkovski ne sont pas des commentaires, mais des composants rythmiques. Leur diction lente s’accorde aux nappes sonores d’Edouard Artemiev, créant une transe mélancolique.
Le design du quotidien : Le crépitement d’un incendie au loin, le grincement d’une porte ou le bruit de la pluie composent une partition naturelle qui remplace souvent la musique traditionnelle pour ancrer le spectateur dans la sensation pure.
3. La scène culte : L’incendie de la grange
La famille observe une grange brûler sous une pluie battante dans la campagne russe.
La magie du cadre : La composition oppose la fureur du feu à la sérénité de l’eau. Tarkovski filme cette scène en un plan large où la lumière des flammes se reflète dans les flaques, créant une image d’une beauté terrifiante qui symbolise la fin de l’insouciance enfantine.
Note de production : Tarkovski a fait reconstruire à l’identique la maison de son enfance sur les lieux mêmes où elle se trouvait, en se basant sur de vieilles photographies. Il a même fait planter du sarrasin dans les champs environnants pour retrouver l’exacte lumière et l’odeur de ses souvenirs de jeunesse.
Saviez-vous que… ?
L’actrice Margarita Terekhova joue deux rôles différents : la mère du narrateur dans le passé et sa femme dans le présent. Cette décision de composition souligne l’idée que nous cherchons éternellement à retrouver les visages de notre enfance dans nos amours adultes, créant un cycle temporel infini.
En résumé
Le Miroir est une composition mémorielle absolue. C’est le film où Tarkovski prouve que le cinéma peut égaler la poésie et la peinture dans la capture de l’âme humaine, transformant des fragments de vie intime en une expérience universelle et spirituelle.
Musique : Edouard Artemiev (avec des extraits de Bach, Pergolèse et Purcell)
Distribution : Nikolaï Grinko / Margarita Terekhova / Oleg Yankovski / Philippe Jankovski / Anatoli Solonitsine / Maria Tarkovski…
1979 : Stalker / Сталкер

Le film, basé sur le roman Picnic sur l’avenir des frères Strugatski, suit un guide, le Stalker (interprété par Aleksandr Kaydanovskiy), qui conduit un écrivain et un professeur à travers une zone interdite, un lieu mystérieux où une pièce légendaire pourrait exaucer les désirs les plus profonds.
Stalker est connu pour son rythme lent, ses plans longs et sa profondeur symbolique, souvent interprétée comme une métaphore de la quête spirituelle ou de la condition humaine. Une version restaurée a été diffusée en salles en 2017 par Criterion, renforçant sa réputation de chef-d’œuvre cinématographique.
🎥 Stalker : La Géographie de l’Espoir
Libre adaptation du roman Pique-nique au bord du chemin des frères Arcadi et Boris Strougatski, Stalker délaisse la science-fiction d’action pour un voyage philosophique. Un « Stalker » (guide illégal) emmène un Écrivain et un Professeur dans la Zone, un territoire mystérieux et dangereux où se trouverait une « Chambre » capable d’exaucer les vœux les plus secrets.
Note Historique & Héritage : Dernier film tourné par Tarkovski en Union Soviétique, Stalker est souvent lu a posteriori comme une œuvre prémonitoire de la catastrophe de Tchernobyl. Son esthétique de la ruine et sa lenteur méditative ont redéfini la notion de « cinéma contemplatif », influençant des cinéastes comme Béla Tarr ou le monde du jeu vidéo.
1. Composition visuelle : Le Sépia et le Vert
Tarkovski compose une frontière visuelle nette entre le monde des hommes et l’espace métaphysique de la Zone.
Le monde extérieur en monochrome : La ville est filmée dans un sépia sale et contrasté, presque étouffant. La composition est saturée de débris industriels et de fumées, traduisant un monde en décomposition.
La Zone en couleurs organiques : Une fois la frontière franchie, la couleur arrive. Ce n’est pas une couleur éclatante, mais un vert humide, profond et vivant. La « magie » réside dans cette composition où la nature reprend ses droits sur les vestiges humains (tanks rouillés, ruines immergées).
2. Composition sonore : La Musique du Rail
Le travail d’Edouard Artemiev atteint ici une symbiose totale avec les bruits réels.
Le rythme du voyage : La séquence du wagonnet est une prouesse de composition sonore. Le cliquetis des roues, les sifflements du vent et les vibrations du métal sont traités par Artemiev pour devenir une mélodie hypnotique. Le son n’accompagne pas le voyage, il est le voyage.
Le silence habité : Dans la Zone, la musique se fait discrète pour laisser place à des sons amplifiés (gouttes d’eau, vent dans les hautes herbes), créant une sensation d’alerte permanente. Le spectateur « écoute » la Zone autant qu’il la regarde.
3. La scène culte : La traversée du « Hachoir à viande »
Les trois hommes progressent lentement dans un tunnel sombre et humide avant d’atteindre le seuil de la Chambre.
La magie du cadre : La caméra semble flotter, avançant avec une lenteur extrême. La composition joue sur la profondeur de champ et les reflets dans l’eau au sol. C’est une image de purification par l’attente : plus le mouvement est lent, plus la tension spirituelle s’accroît.
Note de production : Le tournage a été un véritable calvaire. Après une année de travail, la pellicule (une nouvelle pellicule Kodak) a été mal développée, rendant le film inutilisable. Tarkovski a dû retourner la quasi-totalité du film avec un budget réduit, ce qui l’a poussé vers une mise en scène encore plus épurée et mystique.
Saviez-vous que… ?
Le tournage a eu lieu près d’une ancienne centrale hydroélectrique et d’une usine chimique en Estonie. L’eau polluée et les émanations toxiques du site sont suspectées d’être à l’origine des cancers qui ont emporté Tarkovski, sa femme Larisa et l’acteur principal Alexandre Kaïdanovski quelques années plus tard.
En résumé
Stalker est une composition sur la foi et la désillusion. C’est le film où Tarkovski transforme un paysage de désolation en un temple sacré, utilisant le son du rail comme un mantra pour conduire le spectateur vers une introspection profonde sur la nature de ses propres désirs.
Musique : Edouard Artemiev
Distribution : Anatoliy Solonitsyn (Writer), Nikolay Grinko (Professor), Alisa Freyndlikh (Stalker’s Wife)
1980-1986
1983 : Tempo di viaggio / documentaire coréalisé avec Tonino Guerra

Tempo di viaggio est un film documentaire italien co-réalisé par Andrei Tarkovski et Tonino Guerra. Il documente leur voyage en Italie pour le repérage de lieux de tournage du film Nostalghia, tout en explorant les réflexions profondes de Tarkovski sur le cinéma, l’art et la création.
Le film offre une vision intime et poétique de Tarkovski en quête d’un « pays intérieur » secret, entre fascination pour l’Italie traditionnelle et désillusion face à la réalité.
🎥 Tempo di Viaggio : La Quête de l’Espace Mental
Coréalisé avec le scénariste Tonino Guerra, ce documentaire est un carnet de notes filmé. On y suit les deux hommes dans leur errance en Italie, alternant entre la recherche de lieux de tournage et des discussions profondes sur la nature de l’art, le cinéma et la responsabilité de l’artiste.
Note Historique & Héritage : Ce film est le seul témoignage direct et prolongé de la méthode de travail de Tarkovski. Il offre une clé de lecture indispensable pour comprendre comment un lieu réel (une église, une place, une source) est transmuté par le regard du cinéaste pour devenir un espace purement spirituel.
1. Composition visuelle : Le Refus du « Beau »
Le documentaire expose la lutte de Tarkovski contre la beauté conventionnelle de l’Italie.
L’épure contre le monument : Tarkovski refuse systématiquement les sites touristiques célèbres. Sa composition de l’espace privilégie les textures (murs décrépis, herbes folles) aux monuments. Il cherche un « état d’âme » plutôt qu’un décor.
Le cadre comme filtre : On voit Tarkovski cadrer avec ses mains ou à travers l’objectif, cherchant à éliminer tout ce qui est superflu pour ne garder que l’essence d’une émotion. La composition est ici un acte d’exclusion.
2. Composition sonore : La Parole et le Silence
Contrairement à ses films de fiction, le son est ici dominé par l’échange intellectuel.
La voix de la théorie : Les dialogues entre Guerra et Tarkovski forment une partition intellectuelle. La voix de Tarkovski, souvent grave et posée, définit sa vision du « Temps Scellé » tandis que les sons d’ambiance de la campagne italienne (cloches lointaines, oiseaux) servent de ponctuation.
L’absence de musique : En privilégiant le son direct, Tarkovski souligne que la « musique » d’un film doit naître de la vérité des lieux et non d’un ajout artificiel.
3. La séquence culte : La réponse aux étudiants
À la fin du film, Tarkovski répond aux questions envoyées par de jeunes cinéphiles.
La magie du conseil : C’est ici qu’il livre ses réflexions les plus célèbres, conseillant aux futurs réalisateurs de ne pas séparer leur vie de leur œuvre. La composition de cette scène, très simple (Tarkovski assis face caméra), transforme le documentaire en une leçon de vie universelle.
Note de production : Le film capture un moment de tension créative réelle. Guerra, amoureux de la lumière et des couleurs de son pays, tente de séduire Tarkovski avec la splendeur de l’Italie, tandis que ce dernier reste enfermé dans sa vision intérieure, créant un dialogue fascinant entre deux conceptions de la beauté.
Saviez-vous que… ?
Tarkovski profite de ce film pour exprimer son admiration immense pour certains cinéastes qu’il considère comme des « compositeurs de l’âme » : Robert Bresson, Ingmar Bergman et Kenji Mizoguchi. Pour lui, ces réalisateurs ne font pas des films, ils créent des mondes.
En résumé
Tempo di Viaggio est une composition sur la recherche. C’est le film qui explique le « pourquoi » derrière le « comment ». Pour les lecteurs de Cinépédia, c’est le mode d’emploi de la sensibilité tarkovskienne : l’art n’est pas une question de technique, mais une question de dignité spirituelle.
Musique :
Distribution :
1983 : Nostalghia / Ностальгия

Un poète russe, Andreï Gortchakov, réalise des recherches en Italie sur un compatriote compositeur, Pavel Sosnovsky, qui y a séjourné au XVIIIe siècle, et s’est suicidé à son retour en Russie. Il est accompagné dans son voyage par une jeune et belle interprète, Eugenia. Ils se rendent dans l’arrière-pays toscan pour observer des fresques de Piero della Francesca. Le poète, à la dernière minute, refuse d’aller observer ces peintures, et seule l’interprète entre dans la crypte, y découvrant la Madonna del Parto.
De retour à leur hôtel, dans le village de Bagno Vignoni, où se trouve un bain thermal dédié à sainte Catherine de Sienne, il fait la rencontre du vieux Domenico. L’homme est considéré comme fou car, plusieurs années auparavant, il est resté enfermé dans sa maison pendant sept ans avec sa famille, dans l’espoir de la protéger de la fin du monde.
🎥 Nostalghia : La Composition de l’Exil
Un poète russe, Andreï Gortchakov, voyage en Italie pour faire des recherches sur un compositeur du XVIIIe siècle. Accompagné de sa traductrice Eugenia, il erre dans les paysages de Toscane, incapable de se lier à la beauté qui l’entoure. Sa rencontre avec Domenico, un « fou » local qui a enfermé sa famille pendant sept ans pour la protéger de la fin du monde, va changer sa perception du sacrifice.
Note Historique & Héritage : Le film a reçu le Prix de la mise en scène à Cannes. C’est une œuvre qui capture le sentiment de « Toska » (une mélancolie spirituelle typiquement russe). L’esthétique des ruines immergées et des brouillards persistants a profondément marqué le cinéma européen contemporain.
1. Composition visuelle : La Brume et l’Isba
La « magie » visuelle repose sur l’imbrication de deux géographies mentales.
La fusion des lieux : Tarkovski utilise des compositions où une église italienne en ruine semble contenir, en son centre, une petite maison russe traditionnelle (isba). Ce n’est pas un montage, mais une composition spatiale qui montre que le personnage transporte son pays en lui.
Le monochrome humide : Comme dans Stalker, la couleur est désaturée, tendant vers le gris et le vert d’eau. La composition joue sur la transparence et l’opacité (vapeurs de sources thermales, pluie fine) pour traduire l’isolement sensoriel.
2. Composition sonore : Le Goutte-à-goutte Métaphysique
Edouard Artemiev n’étant pas présent sur ce tournage, Tarkovski pousse encore plus loin son utilisation du son direct et de la musique classique.
Le rythme de l’eau : Le son de l’eau qui tombe dans des seaux ou qui stagne dans les thermes de Bagno Vignoni devient la percussion principale du film. C’est une composition sonore qui souligne le temps qui « fuit » et la stagnation de l’âme.
L’hymne à la joie : L’utilisation de Beethoven (la 9ème symphonie) lors de la scène du sacrifice de Domenico crée un contraste sonore violent avec le silence pesant du reste du film, marquant une rupture entre le désespoir et l’illumination.
3. La scène culte : La traversée du bassin avec la bougie
Gortchakov tente de traverser le bassin thermal vidé de Bagno Vignoni avec une bougie allumée, sans qu’elle ne s’éteigne.
La magie du cadre : Un plan-séquence de près de 9 minutes, l’un des plus célèbres de l’histoire du cinéma. La composition est d’une simplicité radicale : un homme, un mur, une flamme. La tension ne vient pas de l’action, mais de la durée même du plan, qui devient une épreuve physique pour le spectateur.
Note de production : Tarkovski a initialement trouvé les paysages de Toscane « trop beaux ». Il a demandé à son chef opérateur, Giuseppe Lanci, de « salir » l’image, de trouver des angles qui rappelaient la rudesse de la terre russe plutôt que la carte postale italienne.
Saviez-vous que… ?
Pendant le tournage, Tarkovski vivait lui-même une nostalgie dévorante. Les autorités soviétiques refusaient de laisser son fils sortir du pays pour le rejoindre. Cette souffrance réelle imprègne chaque plan du film, faisant de l’acteur Oleg Yankovski un double presque documentaire du réalisateur.
En résumé
Nostalghia est une composition sur l’impossibilité de l’appartenance. C’est le film où Tarkovski utilise l’espace italien comme une toile vide pour y projeter ses fantômes russes, prouvant que la véritable patrie d’un artiste est son propre monde intérieur.
Musique : Claude Debussy, Giuseppe Verdi, Wagner, Ludwig Van Beethoven
Distribution : Oleg Yankovski / Domiziana Giordano / Erland Josephson / Patrizia Terreno / Laura De Marchi / Delia Boccardo…
1986 : Le Sacrifice / Offret

Alexandre est un ancien comédien célèbre qui vit avec sa famille sur une île au large des côtes suédoises. C’est l’été et pour son anniversaire, il plante un arbre sec au bord de la mer. Son petit garçon de six ans, ne pouvant plus parler à la suite d’une opération du cou, l’accompagne. Alexandre raconte à son fils l’histoire d’un vieil homme qui plante un arbre sec en haut d’une montagne et qui, chaque jour, gravit la montagne pour l’arroser. Un beau jour, l’arbre est couvert de fleurs.
Le Sacrifice a été couronné du Grand Prix du Festival de Cannes 1986, ainsi que du prix du jury œcuménique et de la FIPRESCI. Il mêle mysticisme chrétien, spiritualité orientale, panthéisme slave et une poétique du silence. Le dernier plan, où l’enfant muet arrose l’arbre planté au début et parle pour la première fois — « Au commencement était le Verbe. Pourquoi, papa ? » — symbolise la renaissance, la foi et l’espoir.
🎥 Le Sacrifice : La Composition de l’Absolu
Ce film est une apothéose formelle. Malade et conscient qu’il s’agit de son dernier message, Tarkovski collabore avec l’équipe d’Ingmar Bergman (notamment le chef opérateur Sven Nykvist) pour composer une parabole sur la fin du monde et la rédemption par l’acte individuel.
Alexandre, un ancien comédien et intellectuel, fête son anniversaire avec sa famille et ses amis sur une île isolée. Alors que la radio annonce l’imminence d’une catastrophe nucléaire totale, Alexandre passe un pacte avec Dieu : il sacrifiera tout ce qu’il aime — sa maison, sa famille, son fils — si le monde est épargné et revient à son état initial.
Note Historique & Héritage : Dédié à son fils « avec espoir et confiance », le film a reçu le Grand Prix Spécial du Jury à Cannes. C’est un testament spirituel qui condense toutes les obsessions du cinéaste : la puissance de la prière, le silence de la nature et la matérialité des éléments.
1. Composition visuelle : Le Feu et la Maison
La structure visuelle du film repose sur une unité de lieu qui devient un espace sacré.
Le plan-séquence final : Tarkovski compose l’une des scènes les plus techniquement difficiles de sa carrière : l’incendie de la maison. En un seul plan de plus de six minutes, la caméra suit Alexandre courant autour de sa demeure en flammes sous un ciel de plomb. C’est une composition du chaos orchestrée avec une précision millimétrée.
La palette suédoise : Sous l’influence de Sven Nykvist, la lumière devient presque monochrome, un gris bleuté qui unifie la terre, l’eau et le ciel. La « magie » réside dans cette capacité à rendre l’image presque transparente, comme si le monde matériel s’effaçait devant la volonté du personnage.
2. Composition sonore : Le Silence et le Cri
En l’absence d’Artemiev, Tarkovski utilise la musique comme un signal métaphysique.
Les chants de la terre : Le film s’ouvre et se ferme sur l’aria « Erbarme dich » de la Passion selon saint Matthieu de Bach. Cette composition musicale dialogue avec des chants traditionnels suédois (le kulning) et des flûtes japonaises, créant une atmosphère sonore universelle et hors du temps.
Le silence pur : Après l’annonce de la catastrophe, le son disparaît presque totalement, laissant place à un silence lourd, seulement rompu par des bruits naturels amplifiés (le vent, les pas sur le parquet). C’est une composition par le vide.
3. La scène culte : L’arbre mort
Alexandre et son fils, « le Petit », plantent un arbre sec au bord de la mer, Alexandre expliquant qu’il faut l’arroser chaque jour avec foi jusqu’à ce qu’il refleurisse.
La magie du cadre : Le film se termine sur ce même arbre. La composition est d’une verticalité épurée, rappelant L’Enfance d’Ivan. C’est une image de cycle éternel : là où tout a commencé par une forêt étouffante, tout se finit par un arbre solitaire, symbole d’un espoir qui ne demande qu’une action répétée pour exister.
Note de production : Lors de la première prise de l’incendie de la maison, la caméra s’est enrayée. Tarkovski, dévasté, a dû faire reconstruire la maison à l’identique en quelques jours pour retourner la scène. Ce « sacrifice » technique et financier sur le plateau faisait écho au thème même du film.
Saviez-vous que… ?
Tarkovski était si affaibli par le cancer pendant le montage qu’il devait diriger les dernières étapes depuis son lit d’hôpital. Il considérait ce film comme sa propre prière, un moyen de léguer à son fils et au monde une vision de l’homme capable de se dépasser pour le salut de tous.
En résumé
Le Sacrifice est une composition sur le don de soi. C’est le film où Tarkovski ferme la boucle de sa filmographie, transformant le cinéma en un acte liturgique où l’image n’est plus une représentation, mais une manifestation de la vérité spirituelle.
Musique : Bach, Aria « Erbarme dich » de La Passion selon saint Matthieu
Distribution : Erland Josephson / Susan Fleetwood / Valérie Mairesse / Allan Edwall / Tommy Kjellqvist / Gudrún Gísladóttir / Sven Wollter / Filippa Franzén / Per Källman / Tommy Nordahl / Tintin Anderzon / Helena Brodin / Birgit Carlstén…

Oeuvres cinématographiques complètes, tome 1 Broché
Biographie de l’auteur
Les sept grands films d’Andreï Tarkovski (1932-1986) ont fait le tour du monde, influençant nombre de cinéastes et de créateurs. Ingmar Bergman, dans son Autobiographie, rend hommage à cette œuvre immense qui mêle mystère, esthétique et réalité : » Le film est un rêve. C’est pourquoi Tarkovski est le plus grand de tous. Il se déplace dans l’espace des rêves. J’ai frappé toute ma vie à la porte de ces lieux où lui se déplace avec tant d’évidence. » Ces deux volumes rassemblent pour la première fois en français les onze scénarios écrits par Tarkovski, depuis Le Rouleau compresseur et le violon jusqu’au Sacrifice, ainsi que trois projets non réalisés. L’auteur d’Andreï Roublev se considérait parfois » plus poète que cinéaste « . Nul doute que ses écrits de cinéma témoignent d’une grande sensibilité littéraire et révèlent une pensée pour notre temps. Le lecteur y découvrira une autre Russie, à la fois empreinte de spiritualité et éprise de liberté.
26,00€
| Courts-métrages
1956 : Les Tueurs (Убийцы)
1959 : Il n’y aura pas de départ aujourd’hui (Сегодня увольнения не будет)
1960 : Le Rouleau compresseur et le Violon (Каток и скрипка)
| Scénariste
1967 : Sergueï Lazo (Сергей Лазо) d’Alexandre Gordon
1968 : Une chance sur mille (Один шанс из тысячи) de Léon Kotcharian
1968 : Tachkent, ville du pain (Ташкент — город хлебный) de Choukhrat Abbassov
1971 : La Fin de l’ataman (Конец атамана) de Chaken Aïmanov
1973 : Le Féroce (Лютый) de Tolomouch Okeev
1973 : Le Raisin vert (Терпкий виноград) de Bagrat Hovhannessian
1979 : Bereguis, zmeï (Берегись! Змеи!) de Zagid Sabitov
| Les Sorties Notables du Moment
ANEMONE
De Ronan Day-Lewis
Jem, frère de Ray, part à la recherche de son frère ermite pour le convaincre de rentrer chez lui et de rencontrer son neveu Brian, qui a été renvoyé de l’armée après un acte violent. Le passé trouble des deux frères, marqué par une tragédie militaire, resurgit, révélant des secrets enfouis depuis des décennies.
Une estéthique magnifique qui n'est pas sans rappeler le mystère des images de Tarkovski. Quand notre attention se porte à côté ou au-delà de l'objet principal. Une bande son de Bobby Krlic qui traduit clairement la maladie de l'âme, la folie douce et l'expiation en les liant à des visions oniriques.
SHE RIDES SHOTGUN
De Nick Rowland
L'incroyable révélation qu'est Ana Sophia Heger, éclaboussant l'écran de son talent et portant l'oeuvre sur ses épaules de la première à la dernière image. Elle livre une prestation démente au milieu d'un chaos où sa vulnérabilité n'a d'autre choix que de composer avec une palette de sentiments exprimés à merveille.
Une véritable pépite !
FRANKENSTEIN
Une relecture à la fois intime et grandiose du mythe du monstre et de son démiurge. Loin des éclairs de laboratoire et des clichés gothiques, il livre ici une œuvre profondément poétique, tragique, où l’ombre et la lumière s’entremêlent dans un ballet visuel d’une beauté crépusculaire.
Une relecture à la fois intime et grandiose du mythe du monstre et de son démiurge. Loin des éclairs de laboratoire et des clichés gothiques, il livre ici une œuvre profondément poétique, tragique, où l’ombre et la lumière s’entremêlent dans un ballet visuel d’une beauté crépusculaire.
GUILLERMO DEL TORO.
Trois heures particulièrement bien exploitées pour restituer le temps long de la vengeance, sans aucune perte de rythme par une habile gestion des ellipses et des montages alternés, soucieux d’équilibrer le temps de présence des nombreux personnages secondaires. La mise en scène assume quant à elle un académisme fédérateur du plus grand nombre, non sans quelques lourdeurs, notamment sur les plans de drone ou un recours abusif à une musique pompière. (Sergent_Pepper SensCritique)
LE COMTE DE
MONTE CRISTO
Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte
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LE MIROIR
Alexei, un homme mourant âgé de 40 ans, frappé par la maladie, se penche sur son passé et des images de sa famille apparaissent. Ses interactions quotidiennes avec sa femme et ses enfants font ressurgir toute sorte de souvenirs, tels que le divorce de ses parents jusqu’à son temps sur les champs de bataille de la Seconde guerre mondiale.
Musique : Edouard Artemiev (avec des extraits de Bach, Pergolèse et Purcell)
Distribution : Margarita Terekhova / Maria Tarkovski / Oleg Yankovski…
de andreï tarkovski
METRO MANILA
de SEAN ELLIS
Aspirant à une vie meilleure, Oscar Ramirez et sa famille quittent les montagnes du nord de la Philippine où ils vivent et viennent s’installer dans la ville de Metro Manila. Proie idéale dans cette ville impitoyable, Oscar va devoir tout risquer pour les siens.
Musique : Robin Foster
Distribution : Jake Macapagal / Althea Vega / John Arcilla…
FARGO
Quelque part dans le Minnesota, en plein hiver, Jerry Lundegaard, un minable vendeur de voitures, contacte un petit escroc, Carl Showalter, et son inquiétant compère, Grimsrud. Il leur demande d’enlever sa femme, Jean, dont le père, Wade, un richissime homme d’affaires, ne manquera pas de régler la rançon exigée. Les choses se gâtent quand ses complices abattent 3 témoins, dont un flic. La machine sanglante commence à s’emballer.
Musique : Carter Burwell
Distribution : Frances McDormand / William H. Macy / Steve Buscemi…
deS FRERES COEN
PARIS, TEXAS
Comme poussé par une idée fixe, Travis Henderson marche seul dans le désert du Texas. Il cherche sans succès de l’eau, arrive finalement dans un bar isolé et y perd connaissance. Il est recueilli par un médecin qui trouve sur lui une carte avec le numéro de téléphone de son frère, Walt Henderson. Celui-ci fait le trajet depuis Los Angeles pour le retrouver. Travis n’avait plus donné signe de vie depuis quatre ans...
Musique : Ry Cooder
Distribution : Harry Dean Stanton / Nastassja Kinski / Dean Stockwell…
de WIM WENDERS
VOL AU-DESSUS D'UN NID
DE COUCOU
L’histoire est centrée sur R. P. McMurphy qui, en simulant, se fait interner dans un hôpital psychiatrique pour échapper à la prison après avoir été accusé de viol sur une mineure. Il va progressivement être touché par la détresse et la solitude des patients. Par sa forte personnalité, il s’oppose rapidement aux méthodes répressives de l’infirmière Ratched.
Musique : Jack Nitzsche et Ed Bogas
Distribution : Jack Nicholson / Louise Fletcher / William Redfield…
dE MILOS FORMAN
13 ASSASSINS
Le film se déroule durant la période Edo, en 1844, à l’ère du shogunat Tokugawa en déclin. Lord Matsudaira Naritsugu, un seigneur sadique protégé par son demi-frère, le Shōgun, terrorise les nobles et les roturiers.
Le ministre de la Justice, Sir Doi Toshitsura, craignant qu’une ascension de Naritsugu provoque une guerre civile, engage secrètement Shimada Shinzaemon, un samouraï expérimenté, pour l’assassiner.
Shinzaemon réunit une équipe de douze samouraïs et un chasseur, Kiga Koyata, pour tendre une embuscade à Naritsugu lors de son voyage d’Edo à ses terres.
Musique : Kōji Endō 遠藤浩二
Distribution : Kōji Yakusho / Hiroki Matsukata / Sōsuke Takaoka…
dE TAKASHI MIIKE